Clément Venturini : « Cofidis me laisse carte blanche »

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Clément Venturini, vice-champion de France de cyclo-cross Élite alors qu’il était encore espoir, va reprendre le chemin des cyclo-cross, ce dimanche à Baden, en Suisse. À l’occasion de l’ouverture de l’EKZ CrossTour, challenge qu’il a remporté l’an dernier, le coureur professionnel de la formation Cofidis se confie à Labourés Magazine. Objectifs, ambitions et prolongation de contrat. Entretien. Photos : Yefrifotos.

 

Clément, vous entrez dans votre première saison de cyclo-cross dans la catégorie Élite Hommes. L’hiver dernier vous aviez été surclassé en France pour côtoyer la catégorie reine, avec succès. Quels objectifs pour l’exercice 2015-2016 ?

Sur le plan national, les objectifs seront sensiblement les mêmes. À savoir la Coupe de France et le Championnat national, en janvier. Au niveau mondial, les attentes seront moins élevées mais j’ai à coeur de bien faire pour ma première saison à ce niveau-là. J’espère montrer le meilleur de moi-même sur toutes les épreuves auxquelles je participerai.

 

Et le classement UCI ? Vous êtes aujourd’hui 19e mondial.

Contrairement aux Belges, je ne vais pas participer à des courses UCI tous les week-ends. Ce sera forcément délicat de marquer des points. Mon programme tournera quand même essentiellement sur des rendez-vous de haut-niveau. Par rapport à l’hiver dernier, je ne pense pas qu’il y aura d’énormes changements au classement UCI. Les cadors qui sortent des rangs Espoirs marchaient déjà très fort avec les Élites.

 

Quel bilan pouvez-vous dresser de la dernière saison de cyclo-cross ?

Mi-figue mi-raisin… Avec quelques déceptions comme le Championnat du Monde Espoirs, à Tabor (il termine 4e, NDLR). Ou le Championnat de France Élites de Pontchâteau… J’éviterai de me pencher dessus ! Mais je retiens des victoires importantes comme le cyclo-cross de Marle, une manche de l’EKZ CrossTour à Hittnau et le général de ce challenge. Et des tops 5 en Coupe du Monde Espoirs. Mais pas de grandes victoires.

 

Et cette saison sur route, la seconde chez les pros ?

L’équipe Cofidis me fournit un programme de course adapté pour que je poursuive ma progression. Cette année, j’ai pu découvrir des courses de prestige comme le Tour des Flandres, Paris-Roubaix ou la Flèche Wallonne. Des courses par étapes comme les 4 Jours de Dunkerque. J’ai pu franchir un nouveau palier physiquement. Ce n’est pas toujours facile. J’en ai abandonné quelques unes par manque de condition physique. Pour certains, ces courses sont de gros objectifs. Moi, je faisais ma reprise…

 

Quel souvenir en gardez-vous ?

J’ai vraiment aimé la Flèche Wallonne. Sur Roubaix et les Flandres, il y a vraiment une ambiance extraordinaire. J’ai apprécié les quelques courses par étapes que j’ai pu disputer cette saison. Surtout celles avec des étapes vallonnées et des arrivées un peu difficile. Avec si peu d’expérience sur la route, c’est compliqué d’avoir un profil défini. Mais je me sens plutôt sprinteur – puncheur.

 
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Vous avez prolongé votre contrat de deux saisons avec le Team Cofidis. La preuve d’une belle confiance de la part d’Yvon Sanquer.

Je me sens très bien dans cette équipe. Yvon, le manager, me laisse carte blanche pour l’hiver. C’est très honorable de pouvoir avoir un programme de course adapté à mes objectifs hivernaux. Sur les principaux cross, j’aurai un staff à mes côtés. Il faut se le dire, c’est une chance de pouvoir avoir l’opportunité de courir pleinement l’hiver. En retour, j’espère faire une belle saison.

 

Votre ancien équipier du Team Cofidis, Steve Chainel, vient de lancer sa propre équipe de cyclo-cross. Que pensez-vous de ce projet ?

Steve est un coureur qui a toujours eu un penchant pour le cyclo-cross. Lorsque l’on roulait ensemble, pendant les stages hivernaux, on en parlait beaucoup. Il aime ça ! Aujourd’hui, il s’est donné les moyens de monter une équipe totalement dédiée au CX. Je lui souhaite de réussir dans ce nouveau projet et de s’épanouir dans sa discipline favorite.

 

En janvier dernier, vous êtes sacré vice-champion de France de cyclo-cross derrière Clément Lhotellerie. Ce dernier a arrêté sa carrière. Un hiver sans champion de France, ce n’est pas dommage ?

Si, c’est fort dommage que Clément ne puisse pas évoluer toute une saison en bleu-blanc-rouge. J’ai cru comprendre que c’était pour l’aspect financier… C’est évident qu’il n’est pas facile de pratiquer une discipline comme le cyclo-cross. Je pense qu’avec le titre de champion de France, il aurait pu monnayer ses déplacements et faire une dernière saison en tant que champion. C’est dommage d’arrêter à ce moment-là.

 

La saison hivernale va reprendre ses droits. Vous vous alignez à Baden mais pas à Las Vegas, pour l’ouverture de la Coupe du Monde. C’est un choix délibéré ?

Oui. Le niveau à Baden devrait être assez relevé. C’est bien que certains coureurs belges et d’autres viennent rouler hors des frontières de la Belgique. Pour Vegas, ça demandait beaucoup d’organisation. À vrai dire, je n’y ai même pas pensé une seconde. Le Team Cofidis est aligné sur La Vuelta, et un autre front est en course. Ça aurait été vraiment compliqué. L’équipe m’offre déjà beaucoup. Je ne vais pas en rajouter.

 

« Pour l’instant, je prends beaucoup de plaisir à exercer les deux disciplines. J’attends la reprise du cyclo-cross avec impatience. Après, viendra de nouveau la saison sur route où je serai heureux de retrouver mes équipiers.

 

L’an passé, vous avez remporté l’EKZ CrossTour, en Suisse. Vous y êtes fidèle. Pouvez-vous nous parler de ce challenge, en le comparant à la Coupe de France, proposé chez nous.

L’EKZ CrossTour est un rassemblement de cinq épreuves labellisées en classe C1 et organisées par Christian Rocha. Cela donne lieu à un classement général et un maillot de leader, que l’on porte en course. Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de le porter car la finale de l’EKZ CrossTour tombait en même temps que la finale de la Coupe de France.

 

Et cette année, vous ferez quel choix entre ces deux épreuves ?

J’ai de la chance, les calendriers respectifs correspondent assez bien. Je ne pourrai pas être à Hittnau car je défendrai mon titre sur le cyclo-cross de Marle. C’est important d’être fidèle aux organisations françaises. Il y en a si peu. Si on ne veut pas qu’elles disparaissent, il faut savoir garder les traditions. L’EKZ ce ne sont que des courses C1 avec des points UCI et des Prize Money qui vont en adéquation avec le niveau de l’épreuve. De plus, on touche les prix immédiatement. Chez nous, c’est différent. On attend longtemps. D’ailleurs j’attends encore mes prix de course du Challenge National 2013-2014 que j’ai remporté… En Suisse, Christian Rocha tient sa course en main. Médiatisation, publicité, réseaux sociaux. C’est bien fait. Et quand on voit la liste des partants à Baden, on se rend vite compte que l’EKZ est apprécié des coureurs.

 

Et l’avenir, comment le voyez-vous ? Route ou cyclo-cross ?

Pour l’instant, je prends beaucoup de plaisir à exercer les deux disciplines. J’attends la reprise du cyclo-cross avec impatience. Après, viendra de nouveau la saison sur route où je serai heureux de retrouver mes équipiers. La carrière de Francis Mourey est exemplaire. Celles de Lars Boom ou Zdenek Stybar, à un niveau plus élevé, également. Ce qui est sûr, c’est qu’aucune discipline n’est contraignante pour l’autre. Le nombre de vététistes qui brillent sur la route en sont la preuve.

Josselin Riou