Une saison avec Lucas Dubau (#1)

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Labourés Magazine donne la parole et dédie une large partie de ses reportages aux athlètes. Nous vous proposons de suivre dès à présent les saisons de quelques coureurs. Chaque mois, Lucas Dubau tiendra ainsi son carnet de bord. Huitième à Valkenburg en ouverture de la Coupe du monde U23, l’espoir français âgé de 20 ans prendra part samedi aux Championnats d’Europe à Pontchâteau. Photos : © Labourés Magazine.

 

La saison a débuté il y a plus d’un mois. Comment te sens-tu après ces quelques semaines passées dans les labourés ?

Je ne suis pas trop mal physiquement ces jours-ci. La transition depuis les autres disciplines s’est faite naturellement. Le VTT est par exemple moins rapide, le cyclo-cross est un peu plus facile techniquement. Ce que j’aime dans le vélo, c’est la vitesse. Donc quand je remonte sur mon vélo de cyclo-cross, tout de suite je suis dedans et j’apprécie. J’ai été embêté par une ampoule à la main la semaine dernière mais c’est le seul problème à noter pour l’instant. J’ai perdu mes derniers kilos et je suis revenu à mon poids de forme. La préparation est optimale en vue des Championnats d’Europe et du mois de novembre. Je me sens bien. Je porterai le maillot du Team Peltrax-CS Dammarie-lès-Lys à partir du 1er novembre.

 

Parviens-tu à associer le sport et les études cette année encore ?

Oui, je suis parallèlement au cyclisme étudiant en deuxième année de STAPS. Ce n’est pas toujours évident de suivre les cours avec les entraînements, les compétitions et les déplacements à l’étranger par exemple. Mais cela permet de voir autre chose et de surtout garder les pieds sur terre. La Fac à Reims est vraiment compréhensive. C’est plus simple pour associer les deux ! Mais c’est un choix de vie, on ne sait jamais de ce que demain est fait donc je préfère anticiper et continuer les études que de me retrouver sans rien du jour au lendemain.

 

« Je suis vraiment content de ma huitième place à Valkenburg. L’objectif en Coupe du monde est toujours d’obtenir un bon résultat et de marquer les esprits »

 

Gervans fut le premier grand rendez-vous de la saison.

C’était le premier vrai objectif, le rendez-vous qui lance définitivement la saison. J’étais vraiment impatient et je sentais que la forme était là. Mais je n’ai donc pas obtenu le résultat espéré. J’étais déçu à l’arrivée de la manche de Coupe de France, je le suis encore avec le recul. J’étais venu pour gagner, je ne pensais qu’à ça maintenant que je suis espoir troisième année. Un podium aurait peut-être été un beau lot de consolation, même si je voulais absolument gagner. Mais je l’ai manqué aussi. Tout c’est pourtant très bien passé au départ et en début de course, j’étais bien placé. Mais j’ai sûrement produit trop d’efforts inutiles ou violents pour espérer l’emporter et monter sur le podium ensuite. C’est comme ça.

 

Tu prends la cinquième place ? Reflète-t-elle ta course ?

Clément Russo a en fait rapidement attaqué. J’étais alors en troisième ou quatrième position. Eddy Finé a laissé un trou et j’ai dû m’employer pour combler l’écart. J’ai réussi mais on ne s’est pas entendu donc les autres coureurs ont pu nous rejoindre. Et j’ai là commis l’erreur de ma course en me plaçant à l’arrière du groupe. J’ai subi les attaques et les accélérations. Clément Russo est parti à nouveau. Certains ont lâché, je devais alors boucher les trous laissés pour espérer une bonne place. L’effort produit pour rattraper Thomas Bonnet, Eddy Finé et mon frère Joshua a coûté cher et je ne pouvais plus espérer revenir sur Clément. J’étais dans le dur en fin de course après tout cela. J’ai donc préféré jouer la carte Joshua. Il a attaqué à quelques minutes de l’arrivée et j’ai favorisé son départ. Je pensais prendre la troisième place derrière lui mais Eddy m’a légèrement bloqué dans le dernier virage. Sur un tel circuit roulant, le sprint était déjà manqué.

 

Tu as ensuite terminé au huitième rang à Valkenburg en Coupe du monde. Un résultat conforme à tes attentes ?

Je suis vraiment content de ma huitième place. L’objectif en Coupe du monde est toujours d’obtenir un bon résultat et de marquer les esprits. On peut y engranger des points UCI utiles pour toute la saison. Un bon résultat en Coupe du monde ne peut qu’aider pour se maintenir en Équipe de France et être sélectionné pour les rendez-vous suivants. Je devais à Valkenburg faire une course pleine, dresser de premiers enseignements et connaître ma position avant les Championnats d’Europe. La forme était bonne mais en course cela peut être différent. Je suis parti en deuxième ligne mais j’ai déchaussé dans le deuxième virage. On m’a alors bousculé, j’ai manqué la chute de justesse et je me suis retrouvé à pied. On m’a doublé, j’ai rétrogradé à la 25e place. C’était forcément pénalisant pour la suite mais je n’ai pas paniqué. Clément Russo avait également pris un mauvais départ donc nous avons pu remonter ensemble vers l’avant de la course, sur un circuit où l’on peut doubler. On a instauré un train et j’ai pu finir l’épreuve avec Joshua. On termine ensemble.

 
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Quel bilan tires-tu de ce début de saison ?

Franchement, je suis plutôt satisfait. Il y a après eu ce résultat décevant en Coupe de France mais la forme est là. C’est l’essentiel. Je ne suis pas à la rupture. Je sens que je peux encore progresser. Je suis en bonne condition pour les Championnats d’Europe et ce rendez-vous majeur. Les résultats sont encourageants, sur les cyclo-cross nationaux aussi. J’ai pris la troisième place à Jablines et j’en suis encore étonné. Car c’était presque une manche de Coupe de France avec ce plateau et les nombreux professionnels présents. Ce fut une épreuve parcourue sur un beau circuit. Ça ne rigolait pas trop : le rythme était très soutenu et j’étais surpris de pouvoir suivre Clément Venturini, Steve Chainel et Francis Mourey. Clément est parti, ils n’ont pas fait l’effort et je pense que ce n’était pas à moi de les ramener. Il a rapidement creusé donc j’ai visé la deuxième place en fin de course. Elle s’est jouée au sprint contre Francis. C’est un très bon sprinteur donc j’échoue au niveau de son pédalier mais quelle course ! Ce n’est pas si mal, surtout que je finis la main en sang !

 

Comment prépares-tu tes prochains objectifs ?

La semaine dernière nous avons produit un gros travail en Équipe de France à l’occasion d’un stage notamment effectué à Pontchâteau. Je craignais d’ailleurs l’accumulation et la fatigue avant la manche de Coupe du monde car habituellement je ne fais pas beaucoup d’heures. Cela s’est finalement très bien passé, les coachs ont été vraiment compréhensifs. Cette semaine est plus cool, je récupère un peu avant les Championnats d’Europe. Le stage était donc à Pontchâteau, parfait pour repérer le circuit et se mettre dans le bain une semaine et demi avant l’événement avec une météo clémente. Il y a une vraie cohésion en Équipe de France, nous sommes un bon groupe. C’est très important d’avoir un tel collectif. Notre force est également là. Ce n’est peut-être pas une famille mais de vrais liens se créent. Je ne connaissais pas tous les juniors par exemple. La bonne ambiance fut tout de suite là, entre le stage et le déplacement à Valkenburg.

 

Pontchâteau est donc le prochain rendez-vous. Penses-tu y être à ton avantage ?

Les favoris je les connais, ce sont toujours les mêmes depuis mes débuts finalement. Déjà chez les juniors il fallait composer avec Iserbyt, Hermans, Nieuwenhuis, Toupalik ou Bertolini. Quand je regarde la liste des coureurs présents sur le plan international, je me dis qu’une quinzième place est déjà pas mal. L’an dernier j’ai terminé dixième des Championnats d’Europe à Huijbergen. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas faire mieux cette année. J’ai pris la huitième place à Valkenburg, les six premiers ont joué le titre mondial en février. C’est encourageant. Le circuit est toujours roulant à Pontchâteau. J’avais pris la septième place sur ce tracé en espoir première année en 2015 lors des Championnats de France. J’étais bien dans la course, je pouvais jouer la deuxième place puis j’avais complètement craqué dans les deux derniers tours. C’est une course de placement. Il ne faudra pas trop mettre de coups de pédales dans la farine !

 

« Le Team Peltrax-CS Dammarie-lès-Lys ne met pas le VTT de côté et reste également impliqué en cyclo-cross. C’est parfait pour mon frère et moi »

 

Quel est ton programme pour le mois de novembre ?

Les courses vont s’enchaîner au mois de novembre, très rapidement d’ailleurs. Je vais courir dès mardi à Dijon. Le week-end suivant je vais m’aligner en Belgique à Ruddervoorde en Superprestige afin de me confronter une nouvelle fois au niveau chez les espoirs et pour éventuellement décrocher quelques points UCI. Il faut rentrer dans les dix premiers. Il y aura ensuite le cyclo-cross UCI de La Mézière le 11 novembre, la deuxième manche de la Coupe de France deux jours plus tard et probablement les deux manches de Coupe du monde disputées à Koksijde et Zeven.

 

Ton frère et toi rejoignez le Team Peltrax le 1er novembre. Un choix évident ?

La Coupe de France Espoirs sur route est apparemment supprimée. Elle n’aura pas lieu en 2017. Donc il ne reste plus que les challenges dédiés aux DN. Je comptais faire les manches de la Coupe de France U23 sous les couleurs de mon comité régional, ce ne sera malheureusement plus possible. Mon club actuel, l’AC Bazancourt-Reims, n’est pas en DN. Il fallait donc changer de structure et me diriger vers de plus grosses équipes pour pouvoir prendre le départ de courses sur route importantes. Il y a eu quelques propositions, une DN s’est donc montrée très intéressée. Le Team Peltrax-CS Dammarie-lès-Lys ne met pas le VTT de côté et reste également impliqué en cyclo-cross. C’est parfait pour mon frère et moi. Cela s’est fait naturellement. On a pu les rencontrer une première fois à Paris, ça s’est bien passé. C’était fait !

Sébastien De Cock